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La relation Corps-Esprit

Publié le: 2018-09-20

QU'EN PENSE LA MEDECINE CLASSIQUE ? 

La médecine classique a énormément progressé ces 50 dernières années. Ces progrès ont permis de lutter efficacement contre de nombreuses maladies et de repousser l'espérance de vie au-delà de 80 ans. La masse des connaissances est devenue telle que pour pouvoir continuer à la maîtriser, différentes spécialités médicales se sont créées. Elles ont divisé le corps en toute une série de systèmes (cardiaque, digestif, urinaire, ...). L'esprit est aussi considéré comme une entité indépendante et séparé du reste du corps. Par contre, la vision globale reste assurée par le médecin généraliste. Il s'occupe de faire la synthèse et considère le corps dans son entièreté. Cependant, en général, il traite les problèmes de l'esprit séparément de ceux du corps. Par ailleurs, la médecine actuelle a développé une approche matérialiste. Si un organe dysfonctionne, le problème se situe dans la matière qui constitue l'organe. Elle utilise exclusivement les médicaments et la chirurgie pour soigner l'organe et/ou le(s) symptôme(s). Un médicament est ainsi prévu pour chaque maladie, chaque symptôme même si celui-ci s'avère « immatériel » comme l'angoisse par exemple. Cette conception matérialiste de la médecine est renforcée par sa haute technicité. De nombreux appareils remplacent de plus en plus souvent le sens clinique des médecins dans la mise au point diagnostique. Ceci a des avantages en terme de concision mais laisse moins de place au ressenti et à la parole. En dépit de cet avancement important, certaines maladies chroniques résistent à la médecine actuelle même si elle peut déjà fortement les soulager. 

De plus, la médecine classique allopathique telle qu'enseignée à l'université ne se préoccupe pas vraiment du lien entre le corps et l'esprit et si elle le fait parfois, elle ne s'y attarde pas. Tout au plus constate-t-elle que la maladie peut générer certaines émotions dont l'angoisse et de la dépression et que peut être certaines maladies sont favorisées par le stress (ulcère gastrique, intestin irritable...). Cet état de fait tient vraisemblablement au mode d'investigation de la médecine classique. Ce dernier modélise toute son approche de l'être humain par les études « evidence-based ». Ces études ont l'énorme avantage de prouver l'efficacité d'un traitement. Elles permettent aussi de démontrer scientifiquement, rationnellement et matériellement les maladies, les symptômes et les liens de cause à effet. Il faut noter que cette méthode de travail requiert un investissement important en temps, énergie et argent. Cet effort financier est essentiellement réalisé par les firmes pharmaceutiques qui synthétisent le médicament étudié. On remarquera que cette modélisation de l'être humain ne permet guère d'aborder la question de l'esprit et de la psychologie qui échappe à toute rationalité. Considérons par exemple, un événement traumatique qui arrive à 100 individus, la réaction de chacun peut être chaque fois différente. Elle dépendra de l'histoire de chacun, de l'état d'esprit de chacun au moment des faits et des ressources propres à chacun. Dans le modèle « evidence-based », on postule, à juste titre, que sur le plan matériel tous les êtres humains sont globalement identiques. Ainsi, si un médicament est administré à 100 individus différents, s'il est efficace, il exercera son effet indépendamment de l'histoire de vie, de l'état d'esprit et des ressources de l'individu. Certes, le matériel génétique de l'individu pourrait dans une certaine mesure moduler la réponse (l'accentuer ou la diminuer) mais là se limite le caractère unique de chaque personne. 

L'ESPRIT EXERCE UNE ACTION SUR LE CORPS.
ARGUMENTS POUR : LA PSYCHO-NEURO-ENDOCRINO-IMMUNOLOGIE

Il s'agit d'une discipline récemment émergente qui s'est fortement intéressée au lien corps esprit. Elle met en évidence que les pensées et émotions positives stimulent le système nerveux parasympathique. La stimulation de ce dernier favorise les mécanismes de réparation et les défenses immunitaires de première ligne. En revanche, les pensées et émotions désagréables (peur, anxiété, colère...) activent le système nerveux sympathique et mettent le corps sous tension. Tout ceci dérègle les défenses immunitaires et affaiblit le corps. Certaines études montrent que le stress chronique (découlant entre autres des pensées négatives et émotions désagréables) joue un rôle dans la genèse de 75-90% des maladies. 

L'EFFET PLACEBO

L’effet placebo démontre également l'impact de l’esprit sur le corps. Le placebo peut parfois se révéler actif dans 50% des cas voire plus. Il se retrouve donc parfois au moins aussi actif que la molécule active elle-même. Le principe de l'effet placebo implique que le malade reçoit une substance inactive en pensant recevoir une substance active. Les 2 substances, active et inactive, sont présentées au malade de manière strictement identique (par exemple : comprimé de même forme, taille et couleur). C’est la croyance du malade en l'efficacité du remède placebo qui permet à celui-ci d’exercer son action. Le malade est tellement convaincu d’avoir reçu le remède actif (alors qu’il a reçu le placebo) qu’il guérit. Cette « simple » conviction, croyance psychologique lui permet de guérir. Il serait intéressant d'intégrer dans chaque étude thérapeutique sur un remède, en plus des groupes classiques, les 2 groupes suivants. Le 1er groupe de malades recevrait le principe actif mais serait informé du contraire (avoir reçu une molécule inactive). Le médecin administrant le traitement recevrait la même information que le malade. L’efficacité du remède actif en serait-elle moindre ? Le 2ème groupe de malades recevrait le placebo en pensant avoir reçu le principe actif. Le médecin administrant le médicament placebo recevrait la même information tronquée. Le placebo serait-il encore plus efficace ? 

L'EXPERIENCE CLINIQUE 

Ma pratique clinique m’a également permis d'évoquer l'existence d'un lien entre l'esprit et le corps. Ainsi j'ai pu constater que certains patients pouvaient avoir, dans leur histoire, en rapport avec un événement de vie passée, des émotions encore très présentes et des pensées récurrentes à ce sujet. Souvent, dans ces cas, le malade est résistant aux traitements classiques malgré qu’ils soient appropriés et administrés à haute dose. La maladie, la plainte est alors l’occasion de prendre conscience de cet événement, des émotions et pensées qui en découlent pour les métaboliser, digérer et y apporter le cas échéant une autre réponse. Souvent on remarque que la plainte a une signification symbolique qui a du sens par rapport à la problématique psycho-émotionnelle. Ainsi, par exemple, une dame s’est présentée à ma consultation en se plaignant d'un reflux gastro-oesophagien persistant. Il était compliqué d’un encombrement de sécrétions au niveau de la gorge. Ce reflux résistait au traitement classique prescrit à dose maximale (double dose). Un bilan complémentaire avait exclu les autres causes de toux et encombrement de la gorge. En y réfléchissant, la malade s'est rendu compte qu’elle n’avait toujours pas digéré le décès de sa maman. Sa mère avait été assassinée par un voisin. La patiente était très consciente du fait que son deuil n’était pas résolu mais ne se doutait pas qu’en écrivant une lettre au voisin (sans la lui envoyer) où elle relatait tout ce qui lui restait en travers de la gorge, l’encombrement de sa gorge (précisément) et ses symptômes de reflux disparaîtraient. Cependant, il n'est pas évident qu'on puisse généraliser cette démarche à toutes les maladies. Il n’est pas clair, à ce stade de nos connaissances, que tout problème de santé organique découle d’une problématique émotionnelle au sens large de ce terme. Le problème peut être complexe car si l’on suspecte qu’une croyance, une émotion, un événement de vie non digéré,… participe en tout ou partie à la problématique organique, il n’y a pas de solution toute faite. La solution de l’un ne sera pas forcément celle de l’autre. Par ailleurs, l’événement déclencheur (et/ou ce que le malade fera ou conclura de l’événement) ne se trouve pas forcément d’un claquement de doigt. Par contre, si la résolution de la difficulté vécue au sein de l’esprit permet la guérison du corps comme cela s’est déjà observé, c’est un argument supplémentaire pour penser que l’esprit influence le corps et d’une certaine façon utilise le corps pour signaler sa souffrance. Des études à ce sujet ont également été réalisées et détaillées dans le livre du Dr Jon Kabat-Zinn : « Au coeur de la tourmente, la pleine conscience », chapitres 14, 15, 16 principalement. C'est dans tous les cas un voyage passionnant au coeur de soi, toujours riche en découvertes. Quel que soit le sens dans lequel il se manifeste, ce lien corps-esprit (stress, colère, tristesse engendré par la maladie physique par exemple) ou esprit-corps mérite qu’on le reconnaisse et qu'on le prenne en considération. Une prise en charge thérapeutique qui tient compte de ce lien complète l'approche allopathique classique et permet de gagner de nouvelles victoires sur les maladies et les symptômes psychiques ou physiques. 

LES APPROCHES THERAPEUTIQUES QUI TIENNENT COMPTE DE CE LIEN L'ECOUTE 

L’écoute est le 1er outil de compréhension du médecin-thérapeute et du malade lui-même. Ce dernier est au centre de la discussion et se met en 1er lieu à l’écoute de lui-même. Le médecin ou le thérapeute et la personne en difficulté travaillent main dans la main. Le médecinthérapeute sert simplement de guide. Il partage ses connaissances avec la personne souffrante, propose des outils. La personne en dispose à sa meilleure convenance. Voici quelques exemples de questions sur lesquelles réfléchir pour démarrer un voyage vers le coeur de soi-même. Avez-vous envie de tester l’hypothèse d’un sens à votre maladie, vos symptômes ? Si oui, y avez-vous déjà réfléchi et dans ce cas quel sens y voyez-vous éventuellement déjà ? Quels éléments de votre histoire vous ont-ils marqué ? Est-ce qu’ils ont encore des répercussions sur vous aujourd’hui ? Est-ce que certains types d’événements ou rencontres ont tendance à se répéter ? Etc. 

LA PLEINE CONSCIENCE 

La pleine conscience est un autre outil très utile. D’une part, elle permet de prendre mieux conscience du corps, de la respiration, des émotions, des pensées qui traversent l’esprit. D’autre part, et surtout, elle permet, avec le temps et la pratique, de se détacher plus facilement des pensées et émotions récurrentes parfois destructrices. Elle permet de les garder à juste distance (observer de l'extérieur plutôt que fusionner avec la pensée), de les accueillir, avec bienveillance et sans rejet. La pleine conscience contribue ainsi à la genèse d’émotions positives. Tout ceci stimule les forces de guérison présentes en chacun de nous. La pleine conscience procède par entraînement idéalement journalier (ou presque). Elle vise à apprendre à son esprit à vivre dans l’instant présent en ancrant son attention sur les sensations du corps ou celles de la respiration par exemple. Si l’esprit se projette régulièrement dans le passé et que, par exemple, ce passé est riche en événements « toxiques », l’emprise de ces événements toxiques sur l’esprit sera moins grande si l’esprit reste concentré sur le présent neutre. De même des projections incessantes vers le futur peuvent être source de stress. Ainsi, chacun a déjà certainement expérimenté les effets stressants de la, souvent très longue, liste de choses encore à faire. La pleine conscience peut se pratiquer lors de chaque acte de la vie quotidienne, en marchant ou en position de repos (assis, couché, debout). 

L'IMAGINATION ACTIVE 

Le rêve éveillé ou imagination active ou hypnose utilise l’imaginaire et les ressources de l’esprit que nous avons tous. Cet outil peut être utilisé à des fins de relaxation. Il peut aussi, par le biais d’une métaphore (objet, chose, concept abstrait symbolisant, représentant la maladie ou le symptôme) solliciter l'imaginaire pour transformer, transmuter la métaphore et favoriser la guérison. AUTRES Il existe de multiples autres outils qui ont aidé de nombreuses personnes: les techniques psychothérapeutiques classiques, les techniques psychothérapeutiques plus récentes tels l’EMDR, somatic experience, somatothérapie, TIPI, TAT, EFT, …). Les thérapies énergétiques peuvent aussi être sollicitées avec de bons résultats. La plupart des outils décrits ci-dessus, quand leur mode opératoire est reproductible de patient à patient (Pleine conscience, EFT, TIPI, EMDR), ont fait l'objet d'études qui ont démontré leur efficacité. Il est cependant difficile pratiquement de comparer les techniques à des techniques placebos. Les études sont donc dépourvues de groupe placebo. D'autres méthodes décrites ci-dessus sont, par contre, à chaque fois adaptée au patient unique dans son histoire et ses réactions. D'un patient à l'autre, le soin donné, le mode opératoire sera, dès lors, différent. Dans de telles circonstances, le modèle d'étude « evidence-based » ne peut être appliqué puisqu'il implique que chaque patient reçoive le même soin. 

EN CONCLUSION 

Le corps et l'esprit sont liés. Ils interagissent l'un avec l'autre dans les 2 sens. Des perturbations émotionnelles et psychiques peuvent générer des symptômes et maladies. Il existe aussi des ressources au sein de l'esprit de chacun pour guérir ou contribuer à guérir des maux physiques. Le chemin à parcourir est, dans tous les cas, très instructif et riche en découvertes et expériences. Il aboutit souvent à un mieux-être voire à la guérison des plaintes et maladies. J'ai écrit ce texte pour rappeler l'importance de ces interactions entre le corps et l'esprit et inversement. Je souhaite contribuer, avec d'autres, à ouvrir des pistes de soins de santé complémentaires en cas d'impasse thérapeutique en médecine classique ou d'effets secondaires des traitements classiques. Les autres motivations sont encore de raccourcir la durée d'un traitement de longue durée ou tout simplement le patient qui a envie de tester d'autres méthodes de soin (bien sûr si son état de santé ne requiert pas une intervention médicale allopathique urgente). Les approches travaillant sur le lien entre le corps et l'esprit sont complémentaires aux traitements allopathiques. Elles peuvent s'utiliser conjointement ou à leurs places selon la situation. Je souhaite que les connaissances de la médecine classique, des médecines complémentaires, de la psychiatrie et de la psychologie soient mises en communs et que tous les soignants travaillent main dans la main en vue d'améliorer toujours plus la prise en charge des personnes souffrantes. 

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